Qu’attendent les cinq candidats de la campagne présidentielle entamée le 17 novembre? Que le 8 décembre, date officielle de la fin de campagne, arrive au plus vite. Une campagne atypique dans un contexte politique encore plus atypique avec un pouvoir décidé à passer en force pour imposer l’élection prévue le 12 décembre et un très grand nombre d’électeurs qui sortent dans les rues pour s’y opposer.
Les dispositifs policiers mis en place pour sécuriser les candidats et l’alourdissement des sanctions - 18 mois de prison ferme en comparution immédiate pour l’accusation de perturbation du processus électoral- ne dissuadent pas les manifestants qui conspuent, dans pratiquement toutes les villes, les candidats de passage.
Les condamnés sont considérés par le Hirak, le mouvement populaire qui appelle au changement de régime, comme des héros. A Tlemcen, dans l’ouest du pays, les manifestants se sont rassemblés sous les murs de la prison et ont scandé les noms de quatre manifestants condamnés.
Les meetings des 5 candidats, Ali Benflis, Abdelaziz Belaïd, Azzeddine Mihoubi, Abdelmadjid Tebboune et Abdelkader Bengrina ont été largement boudés par les Algériens. Les meetings de ceux qui aspirent en théorie à convaincre les électeurs se déroulent dans des salles hautement protégées par la police et la gendarmerie, l’accès y est filtré. Le vrai spectacle se déroule dehors avec les manifestants hostiles aux élections qui affichent leur mépris à l’égard des candidats.
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